La page des premières arts pla

FIGURE ET ABSTRACTION /ABSTRACTION ET FIGURE
ou
l’art de l’abstraction figurative.

« L’art ne décrit pas le visible, il rend visible. » Paul Klee

Projection du film

peur(s) du noir

« Peur(s) du Noir », long-métrage d’animation, 2007, 1h25

« Peur(s) du Noir » est un long-métrage d’animation dont la direction artistique est signée Etienne Robial. Il réunit autour d’un même projet les dessinateurs Blutch, Charles Burns, Marie Caillou, Pierre di Sciullo, Jerry Kramsky, Lorenzo Mattotti, Richard McGuire, Michel Pirus et Romain Slocombe. La cohérence du film est assurée par le noir et blanc tant au niveau plastique que thématique. La contrainte de créer un tout cohérent n’a pas empêché les dessinateurs de conserver leur style propre. Le film propose donc des variations plastiques intéressantes sur la diversité des noirs et leurs qualités expressives.

Les espaces créés par le(s) noir(s), les tensions entre forme et fond sont également très riches, de même que la question du montage, du rythme, du son avec une voix off récurrente.

Les enfants ont peur du noir, mais beaucoup d’adultes aussi !
L’obscurité empêche de voir, on peut alors se convaincre de la présence de bêtes, d’insectes ou de tous êtres malveillants.
Dans le langage populaire, on a des idées noires, on vit dans une misère noire ou encore nous avons de noirs pressentiments…
Cette sensation d’inquiétude rattachée au noir remonte à la nuit des temps.
Les différents auteurs de ce film d’animation remontant le fil de leurs terreurs, ont accepté d’animer leurs dessins et de leur insuffler avec leur style unique le rythme de leurs cauchemars.

SUJET

En vous inspirant des séquences abstraites du film, vous réaliserez une suite de 5 dessins minimum décrivant les étapes de la métamorphose de la forme première en une forme menaçante.

Vous travaillerez en noir et blanc uniquement mais vous choisirez les outils de votre choix pour créer votre propre noir.

Victor VASARELY,
Peintre hongrois naturalisé français (Pécs 1906-Paris 1997)

LeGuenP007

     « Catch », 45x33cm, 1945, gouache/carton

vega 2

« Vega-II », 131cmx197cm,

1957-1959, huile/toile

        Formé à Budapest dans l’esprit du Bauhaus (académie Muhely, 1929), il vint se fixer à Paris en 1931 et y travailla dans la publicité. Abstraite depuis 1947, son œuvre développe un vocabulaire de base caractéristique de l’art cinétique, alphabet de formes élémentaires (à partir du carré et du cercle) et gamme de couleurs (avec leurs tons dégradés) qui constituent une combinatoire illimitée, adaptable à des fins diverses, notamment monumentales. L’artiste a créé à Gordes un « musée didactique Vasarely » et à Aix-en-Provence une fondation consacrée aux recherches d’environnement.

Félix VALLOTTON
Peintre, garveur, illustrateur, sculpteur, critique d’art et romancier suisse naturalisé français (1865-1925)

Emploi strict du noir et blanc, trait cinglant, humour grinçant : la modernité des gravures et des dessins de presse de Vallotton est une référence pour de nombreux créateurs d’images contemporains notamment pour l’auteure de la bande-dessinée Persepolis, Marjane Satrapi.
Membre du groupe post-impressionniste des Nabis, il contribuera à réinventer la xylogravure, qu’il utilisera pour ses illustrations de presse qui ont participé à renouveler le genre.

1898 L'Argent (Money)

« L’Argent », xylogravure, publié dans la Revue Blanche en 1897.

felixvallotton01

« La Manifestion », xylogravure, 1893

BD_le-bain

« Le Bain », 22,5cm x 18,1 cm, 1894

D’origine suisse et naturalisé français en 1900, Félix Vallotton a laissé notamment plus de 1700 peintures et 200 gravures. L’aspect lisse et policé des tableaux, leur style distancié, mettent au ralenti les tensions, les violences et les passions sous-jacentes. Portraits, nus, paysages, natures mortes, peinture d’histoire, épisodes mythologiques et allégories, aucun genre institué n’échappe au regard ironique de Félix Vallotton, à sa sombre vision de l’humanité et à son redoutable sens du détail.
Il doit sa notoriété internationale à la gravure sur bois qu’il pratique dès des années 1890. Il radicalise les contrastes du noir et du blanc, renforce la valeur décorative des images dont le style faussement populaire et naïf fait merveille. Sous l’humour se dissimule une véritable critique sociale. Entre 1891 et 1901 il a exécuté plus de 120 xylogravures. Il ne s’est ensuite consacré qu’à la peinture, influencé alors par le synthétisme des images en noir et blanc.

Les travaux de Marie avant animation

1

Planche n°1

Crayon, encre de chine, collages/ A4

2

Planche n°2

Crayon, encre de chine, collages/ A4

3

Planche n°3

Crayon, encre de chine/ A4

L’ART DU TATOUAGE : est-il un art populaire en phase de devenir un « grand » art ?

Qui fait œuvre, le tatoueur ou celui qui choisit de modifier son corps ?

Afin de préparer cette nouvelle séquence, nous irons visiter l’exposition « Tatoueurs, tatoués » qui se déroule au musée du quai Branly jusqu’au mois d’octobre 2015.

 50c27579fe

L’exposition revient sur les sources du tatouage et présente le renouveau de ce phénomène désormais permanent et mondialisé. Dans les sociétés dites « primitives », issue des mondes orientaux, africains et océaniens, le tatouage a un rôle social, religieux et mystique et accompagne le sujet dans ses rites de passage en l’incluant dans la communauté. À l’inverse, en Occident, on retient qu’il fut marque d’infamie, de criminalité, attraction de cirque (avec le phénomène des side-shows) puis marque identitaire de tribus urbaines.

Durant la première moitié du 20ème siècle, il a en effet évolué au sein de cercles marginaux, et il est demeuré geste clandestin jusqu’à ce que les médias le surexposent. Aujourd’hui, la publicité ou la mode s’emparent de ses codes. Cette approche géographique et antinomique tend aujourd’hui à disparaître : dans les sociétés traditionnelles, le tatouage perd son exclusivité rituelle ; dans les sociétés urbaines et au style de vie « occidentalisé », son caractère marginal s’efface pour devenir un ornement corporel assez communément partagé.

Le champ universitaire s’est déjà penché sur les valeurs ethnologiques ou anthropologiques du tatouage, avant d’en explorer le terreau sociologique et les significations psychologiques. Depuis peu, les universitaires étudient la popularisation de la pratique en milieu urbain, qui établit le corps comme un lieu d’affirmation de soi. Mais le champ artistique et celui de l’histoire contemporaine restent encore à investir. Ce sont tous ces domaines que l’exposition explore, en offrant un nouvel éclairage sur le tatouage. Outre l’histoire du tatouage et son ancrage anthropologique fort, elle souligne également le geste de l’artiste, les échanges entre tatoueurs du monde entier et l’émergence de styles syncrétiques.

DU GLOBAL AU MARGINAL

L’exposition s’ouvre sur une carte des peuples tatoués à travers le monde, témoin de la vaste emprise du tatouage de l’Antiquité à nos jours.

Depuis l’époque du Chalcolithique (3350 – 3100 av. J.-C.) où les Européens semblaient pratiquer des formes de tatouage thérapeutique, jusqu’au 20ème siècle où le tatouage devient porteur de message, ou signe d’appartenance à un groupe, en passant par les sideshows autour des cirques qui exhibent le corps tatoué dès le 19ème siècle et par les groupes ethniques pour qui le tatouage est une marque identitaire et sociale, c’est l’ancienneté, l’omniprésence et la diversité des pratiques du tatouage à travers le monde qui est ici rappelée.

Tatoueurs, tatoués et faits marquants sont rassemblés sous forme de chronologie, à la manière d’un wall of fame, et retracent l’histoire du tatouage.

Herbert Hoffmann tatouant des marins canadiens du porte-avion Bonaventure, Herbert Hoffman. Tirage sur papier argentique, 1966.

Portrait de femme algérienne, Marc Garanger. Algérie, tirages d’exposition négatifs monochromes, 1965.

UN ART EN MOUVEMENT

Dans cette section sont évoquées les racines du tatouage dans trois foyers créatifs : le Japon, l’Amérique du Nord et l’Europe.

Au Japon, d’abord outil punitif du pouvoir militaire, le tatouage devient discrètement ornemental dans la société du 17ème siècle et connaît son apogée au début du 19ème siècle. L’art du tatouage est étroitement lié à celui des estampes (ukiyo-e).

En Amérique du Nord, alors que le tatouage était pratiqué par quelques tribus amérindiennes, Martin Hildebrandt ouvre la première boutique officielle de tatouage à New York, en 1846, et Samuel O’Reilly développe la machine à tatouer électrique en 1881.

En Europe, on retrouve des traces antiques du tatouage chez les Romains et les Pictes, avant qu’il soit réprimé par le christianisme et ne se renouvelle au 19ème siècle.

Triptypque d'estampes japonaises: duel
Triptyque d’estampes japonaises : duel . « Suikoden, pantomime dans la neige » Toyohara Kunichika (1835-1900), Japon. Papier, gravure sur bois, impression

PEAU NEUVE : RENAISSANCE DU TATOUAGE TRADITIONNEL

Le tatouage traditionnel, ethnographique, tribal ou à visée magique connaît lui aussi une révolution. Soumise aux échanges incessants grâce au développement des transports et du tourisme, la pratique du tatouage ancien est influencée par les regards extérieurs. Dans cette section, sont évoqués le renouveau de ces pratiques et leurs évolutions modernes, en s’attardant tout particulièrement sur les nouvelles écoles de tatouage et les grands maîtres des régions suivantes : Nouvelle-Zélande, Samoa, Polynésie (Marquises, Tahiti, Hawaii), Bornéo, Indonésie, Philippines, Thaïlande.

NOUVEAUX TERRITOIRES DU MONDE

Marqueurs du dynamisme du tatouage contemporain, de nouvelles écoles ne cessent d’émerger. En Chine, mêlant images traditionnelles et actuelles, l’art du tatouage refait surface ; tandis que le tatouage latino et chicano puise son inspiration dans une iconographie populaire américano-mexicaine.

NOUVEAUX ENCRAGES

Clôturant l’exposition, huit photographies de tatouages représentatifs d’une nouvelle génération de tatoueurs font apparaître formes, compositions et traits inédits ; tandis que le film Mainstream Mode s’arrête sur les tendances actuelles.

Yonyuk Watchiya « Sua », Cédric Arnold. Yantra: Muay Thai boxer, Bangkok Photographie originale, impression pigmentaire sur papier coton. Thaïlande, 2008-2011

DES ŒUVRES INÉDITES

En outre, 32 œuvres, spécifiquement produites pour l’exposition viennent ponctuer le parcours :

  • 13 tatouages, ou projets fantasmés, ont été produits par des maîtres de l’art – représentants du tatouage contemporain – sur des volumes de jambe, de buste ou de bras en silicone ;
  • Des toiles vierges ont été confiées à 19 tatoueurs du monde entier afin de réaliser des projets de tatouage. Dans l’application classique du bodysuit japonais –costume corporel de tatouages traditionnels pouvant aller jusqu’aux poignets et aux chevilles –, les tatoueurs ont réalisé ces projets sur toile, à l’encre, à l’acrylique, à l’aquarelle, à la mine de plomb ou au feutre, avec plus ou moins de réalisme.
Tatouage, Filip Leu, silicone. Suisse, 2013.
Tatouage, Chimé, silicone. France, 2013.
Projet de tatouage, Alex Binnie, peinture sur toile de lin. Royaume-uni, 2013.

LE MONDE TATOUE DE RAMON MAIDON

Le-monde-tatoue-de-Ramon-Maiden_w670_h372

Ramon Maiden, dandy et délinquant, est aussi un artiste. Le tatouage trône en maître dans ses œuvres sur lesquelles des femmes, des hommes et dieu sortent tout droit du passé et tatoués. Son travail qui a été présenté dernièrement lors de l’exposition « Epidermiques #2 » à la MFW de Wazemmes à Lille.

Cet artiste « qui n’a jamais étudié l’art » est né en 1972 à Barcelone et met un point d’honneur à voyager. New York est comme sa seconde maison. Le tatouage est omniprésent dans ses créations. Maiden précise que sa vision de l’art est sans bornes, libre. Mais elle se compose cependant d’ingrédients comme « l’histoire, la religion et la politique » et pas que : « je perçois le tatouage comme une forme d’expression artistique ». On apprend également dans la page de présentation de son site internet qu’il compte parmi ses fréquentations des artistes tatoueurs (à découvrir) tels que Lola Garcia, Seth Wood, Dr Lakra, Annie Frenzel, Sebastian Domasche, Ryan Mason et Amina Charai. Il n’est pas rare que les tatoueurs dessinent et peignent entre deux grosses pièces tatouées sur un dos. Leur art ne limite pas forcément qu’à la peau.

Les cartes postales détournées de Maiden sont tirées de différentes époques historiques : les Guerre mondiales, la période Victorienne ou bien encore l’Amérique des années 1920. La Vierge Marie est encrée de la tête aux pieds. Il en va de même pour Jésus. Il faut savoir que le tatouage chrétien est une réalité encore vivace en certains points du globe. En Bosnie-Herzégovine,  les croates –  (surtout lors de la période de l’Empire Ottoman), se tatouaient pour montrer pleinement leur attachement au catholicisme. Une page Facebook présente cette pratique. A Jérusalem, ville de la plus haute importance pour les trois religions du livre, le tatouage connaît aussi un revival chez les chrétiens.

Mais Mainden ne s’attarde pas que sur les figures religieuses. Il s’offre une jolie incartade avec des pépées lourdement encrées : dans les foires, il n’était pas rare de croiser des femmes ou des hommes complètement tatoués. Ils gagnaient leur vie en exhibant leurs parures corporelles. La pin-up côtoie la geisha du Japon au côté d’une auxiliaire féminine SS (Aufseherin) tirée d’un film porno italien des seventies (Casa pirvata per le SS) à classer dans la famille de la Nazisploitation. La gent masculine est aussi présente en la personne de quelques mauvais garçons tatoués au milieu de toutes ces beautés.

Ramon-Maiden-12_w525

Ramon-Maiden-14_w525

Ramon-Maiden-11_w525 Ramon-Maiden-8_w525

Ramon-Maiden-4_w525

Ramon-Maiden-1_w525

Ramon-Maiden-2_w525

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s